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Inchiri: Une révolution dans la conception de la richesse .. Les ressources ne deviennent richesse que par la capacité à les transformer

Par El Wely Sidi Heiba Les ressources sont le point de départ, le savoir l’outil, et le travail la force, et l’être humain est le maillon qui transforme tout cela en richesse véritable. »Le Président ...

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D'après les sources officielles, cette dimension donne au discours une portée qui dépasse le langage économique proprement dit, car le travail y apparaît comme bien davantage qu’un moyen d’accéder à un revenu, tandis que la formation ne se réduit plus à une préparation à l’emploi et que l’éducation ne saurait être considérée uniquement comme un droit social: tous trois deviennent des composantes d’une même stratégie de construction du capital humain, dans laquelle l’apprentissage permet d’acquérir les outils de production, la compétence permet de les maîtriser et le travail permet de les convertir en valeur économique et sociale. Cette vision s’inscrit d’ailleurs dans une continuité perceptible à travers plusieurs messages portés par le Président de la République lors de ses déplacements dans les wilayas de l’intérieur, où il a régulièrement établi un lien entre l’éducation, la transformation de la société et le développement durable, tout en soulignant l’importance de l’investissement privé, de la création d’activités et de l’emploi dans les villes de l’intérieur, dessinant ainsi une conception du développement dans laquelle l’homme, le savoir, l’investissement et l’activité économique ne constituent pas des domaines séparés, mais les différentes dimensions d’une même dynamique nationale. C’est pourquoi la « révolution » que l’on peut lire dans le message d’Inchiri n’est ni une révolution des ressources, puisque les potentialités de la Mauritanie existaient bien avant que ce discours ne les évoque, ni une révolution dans leur découverte, puisque les richesses minières, agricoles et halieutiques du pays sont connues depuis longtemps; elle réside plutôt dans une révolution de la conception de la richesse elle-même, dans ce déplacement décisif qui conduit à ne plus poser uniquement la question de savoir ce que possède le pays, mais à demander ce que l’homme mauritanien est capable de faire de ce qu’il possède.

La différence entre ces deux interrogations est fondamentale: la première mesure le stock, tandis que la seconde mesure la capacité; la première considère la ressource comme un aboutissement, tandis que la seconde la considère comme un commencement; la première privilégie l’acte d’extraire, tandis que la seconde s’intéresse à tout ce qui permet de transformer l’extraction en valeur durable. Cette seconde approche place ainsi l’État face à une responsabilité plus large que celle de l’exploitation des ressources, puisqu’elle l’invite à investir dans l’éducation, la formation, les infrastructures, la recherche, les institutions, le secteur privé et les compétences, afin de construire l’écosystème capable de donner à ces ressources leur véritable portée économique. Elle permet surtout de dépasser une conception du développement qui associerait mécaniquement l’augmentation de l’extraction à l’accroissement de la richesse nationale.

Certes, l’augmentation de la production minière et des exportations de matières premières peut accroître le volume de l’activité économique, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à construire une économie diversifiée, résiliente et capable de créer des emplois nombreux et durables; la véritable multiplication de la valeur intervient lorsque les compétences nationales investissent les domaines de la géologie, de l’ingénierie, des technologies, des services, de la transformation, de la logistique, du financement, de la gestion des projets et de la recherche-développement, faisant ainsi passer la ressource du statut de matière extraite à celui de point de départ d’un écosystème économique créateur de valeur. La place accordée aux jeunes prend alors toute sa signification: elle traduit la volonté de passer progressivement d’une économie fondée principalement sur l’exploitation des ressources à une économie davantage fondée sur la compétence, de la simple consommation de la richesse à la maîtrise des instruments qui permettent de la produire, de l’attente d’un emploi à la participation à la création d’activités, et d’une conception de l’État comme principal fournisseur d’opportunités à l’élargissement d’une base d’acteurs économiques capables d’investir, d’entreprendre, de produire et d’innover. Cette orientation interpelle également les institutions politiques, au premier rang desquelles le parti El Insaf, qui a accompagné la visite présidentielle dans l’Inchiri par des activités de sensibilisation et d’organisation destinées à soutenir la mobilisation autour de la visite et à contribuer à la diffusion du programme du Président de la République.

La portée d’un tel accompagnement ne saurait cependant se limiter à la mobilisation ou à la présence sur le terrain: elle trouve sa pleine signification lorsque le message économique porté par le Président devient un sujet de compréhension et de débat au sein de la société, lorsque le lien entre science, spécialisation, compétence, travail et production est expliqué aux jeunes et lorsque les orientations nationales sont progressivement traduites dans les réalités économiques auxquelles ils sont confrontés. Si le discours présidentiel place l’être humain au cœur de l’équation de la richesse, le rôle de l’acteur politique consiste dès lors non seulement à relayer le discours, mais à contribuer à son passage de la tribune à la société, de l’idée à la culture, de la culture au comportement et du comportement à la production. Dans cette perspective, El Insaf peut accompagner cette vision en favorisant davantage le débat autour de la formation professionnelle, des spécialités scientifiques et techniques, de l’entrepreneuriat, de l’investissement local et des opportunités économiques susceptibles d’émerger des transformations que connaît progressivement l’économie nationale.

Au fond, le message d’Inchiri ne porte donc ni sur les minerais seuls, ni sur la jeunesse seule: il cherche à réunir les deux dans une même équation économique, où la terre offre les potentialités, où l’être humain leur donne leur valeur, où les ressources ouvrent les possibilités, où le savoir les transforme en richesse, où l’investissement crée les conditions de leur valorisation et où la compétence garantit la continuité de cette dynamique. Dans cette conception, le travail ne se contente plus de répartir la richesse existante: il devient lui-même un acte de création de richesse. Et c’est peut-être là l’idée essentielle qui se dégage du discours d’Akjoujt: un pays ne devient pas riche simplement parce qu’il possède beaucoup; il le devient lorsqu’il acquiert la capacité de transformer ce qu’il possède en valeur, et cette capacité repose avant tout sur l’homme, le savoir, la compétence et le travail.

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