Ligue arabe au Caire : les ministres des Affaires étrangères resserrent les rangs face aux tensions
La 166e session du Conseil ministériel de la Ligue arabe s’est tenue au Caire. Au cœur des discussions : frappes iraniennes, opérations israéliennes et sécurité du Golfe. Les ministres arabes des...

D'après les sources officielles, les ministres arabes des Affaires étrangères resserrent les rangs au Caire face à la montée des tensions régionales La 166e session du Conseil ministériel aborde les frappes iraniennes, les opérations israéliennes et appelle à un front arabe uni Le Caire — 7 septembre 2026 Les ministres arabes des Affaires étrangères se sont réunis lundi au siège de la Ligue arabe, au Caire, pour la 166e session ordinaire du Conseil ministériel, une rencontre placée sous le signe d’une situation sécuritaire régionale en pleine dégradation, du Golfe jusqu’au Levant. À l’ordre du jour: les actions militaires iraniennes, une série de frappes visant des territoires arabes, et l’élargissement du champ d’action des opérations militaires israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, au Liban et en Syrie. La présence de la Syrie à la table des négociations n’est pas passée inaperçue.
Le ministre des Affaires étrangères Asaad Hassan al-Shaibani a pris part à la session, aux côtés de ses homologues de toute la région, à un moment où Damas se retrouve à plusieurs reprises cité parmi les pays confrontés à des pressions extérieures. En ouvrant les travaux, le Secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Fahmy, a adopté un ton pressant, appelant les États membres à davantage de vigilance et de cohésion. Il a présenté la sécurité des pays du Golfe comme indissociable de l’architecture plus large de la sécurité nationale arabe — une formulation qui vaut également mise en garde contre toute action militaire extérieure sur le sol arabe.
M. Fahmy a mentionné deux points de passage stratégiques du commerce mondial, le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab al-Mandab, mettant en garde contre toute menace pesant sur la liberté de navigation dans ces zones. Il a conclu en réaffirmant la position de longue date de la Ligue en faveur d’un État palestinien.
Cet appel à l’unité a trouvé un écho autour de la table, bien que nuancé selon la perspective propre à chaque pays. Le ministre égyptien Badr Abdelatty a insisté sur la nécessité de soutenir les institutions de l’État national, de préserver la souveraineté territoriale et de rejeter toute ingérence étrangère — un discours largement interprété comme une critique des tentatives de mise en place de structures de pouvoir parallèles, non étatiques, dans des États fragilisés. Le ministre algérien Ahmed Attaf a tenu des propos similaires, condamnant les atteintes à la souveraineté et exprimant sa solidarité avec la Syrie et le Liban face à ce qu’il a qualifié d’expansionnisme israélien.
Toutes les délégations n’ont cependant pas abordé la situation sous l’angle de la confrontation. Les représentants de la Tunisie et de la Mauritanie ont plutôt plaidé pour le dialogue et la désescalade, avertissant que la région ne pouvait se permettre de glisser vers un conflit plus large. Le ministre libanais Youssef Rajji a tenu un discours à double registre: il a exprimé sa solidarité avec les pays du Golfe et la Jordanie face aux attaques iraniennes, tout en défendant la position de son propre gouvernement selon laquelle les armes doivent rester l’apanage exclusif des institutions étatiques légitimes — une allusion directe à la difficulté persistante du Liban à imposer l’autorité de l’État face aux acteurs armés non étatiques.
En marge de la session officielle, le ministre jordanien Ayman Safadi a profité de la rencontre pour réaffirmer la tutelle historique hachémite sur les lieux saints islamiques et chrétiens de Jérusalem, soulignant la poursuite des efforts diplomatiques d’Amman pour préserver le statu quo sur les sites religieux de la ville dans un contexte régional de plus en plus tendu. Au final, cette session a livré moins une doctrine unifiée qu’une mosaïque de préoccupations qui se recoupent — souveraineté, acteurs armés non étatiques, sécurité maritime et question palestinienne — filtrées à travers les inquiétudes propres à chaque capitale. Reste à savoir si cette convergence de préoccupations débouchera sur une action coordonnée, ou si elle se limitera à des déclarations parallèles prononcées dans la même salle — une question que les prochaines semaines devraient permettre de trancher, à mesure qu’évolue la situation sécuritaire dans le Golfe, le Levant et le corridor de la mer Rouge.
Rapide info d’après un reportage de SANA, 7 septembre 2026.